Des personnes exposées sans filet de protection

Le logement, premier facteur d'exposition

Les personnes sans domicile et celles hébergées en logements précaires sont disproportionnellement exposées à la chaleur. Les chambres d'hôtel social, les squats et les bidonvilles cumulent trois facteurs aggravants : absence de ventilation, surpopulation et impossibilité de choisir ses horaires de sortie. Dans l'enquête FAS, 78 % des personnes sans abri interrogées déclarent avoir souffert de symptômes liés à la chaleur (maux de tête, vertiges, déshydratation) lors du dernier épisode de canicule, contre 23 % dans la population générale selon les chiffres de Santé Publique France.

Des pathologies aggravées par la chaleur

Les personnes accompagnées par les associations membres de la FAS présentent fréquemment des pathologies chroniques (maladies cardiovasculaires, diabète, troubles psychiatriques) et prennent des traitements médicamenteux dont certains altèrent la thermorégulation. 54 % des travailleurs sociaux interrogés indiquent ne pas avoir accès à des informations sur les interactions médicament-chaleur pour conseiller les personnes accompagnées. La FAS appelle à intégrer systématiquement un volet « canicule » dans les formations des intervenants de terrain.

Les travailleurs sans-papiers : une invisibilité dangereuse

Les personnes en situation irrégulière, notamment celles travaillant dans le secteur agricole ou du bâtiment, sont massivement exposées à la chaleur dans un cadre professionnel, mais restent très en dehors des dispositifs de protection. Crainte des contrôles, méconnaissance des droits, impossibilité de refuser un travail en plein soleil : ces obstacles structurels font de ce public l'un des plus vulnérables lors des épisodes de canicule. L'enquête documente plusieurs cas d'hyperthermie sévère non déclarés dans des exploitations maraîchères en 2025.

Ce que font les associations — et ce qui manque

Les 312 associations interrogées ont adapté leurs pratiques : distributions d'eau et de brumisateurs pendant les maraudes, ouvertures nocturnes exceptionnelles, partenariats avec des piscines municipales. Mais ces adaptations restent fragiles : non financées de façon pérenne, dépendantes du bénévolat, et souvent non coordonnées entre structures du même territoire.

Le rapport pointe un manque structurel : l'absence d'outil commun pour partager en temps réel la liste des lieux ouverts et leurs conditions d'accueil. « Pendant la canicule de juillet 2025, nous avons passé deux heures à appeler des structures pour savoir si elles avaient de la place et si elles acceptaient les chiens », témoigne une équipe de maraude parisienne. Des outils comme Soliguide, qui permettent une mise à jour en temps réel des informations par les structures elles-mêmes, sont identifiés comme une réponse directe à ce problème.

Recommandations de la FAS

  • Créer un fonds d'urgence canicule pour les associations de première ligne, activable sous 48h
  • Intégrer un module « canicule et vulnérabilités » dans toutes les formations initiales des travailleurs sociaux
  • Garantir l'accès aux espaces de rafraîchissement sans condition administrative ni document d'identité
  • Financer des « référents canicule » dans les associations de maraude pour coordonner les réponses à l'échelle locale
  • Généraliser l'utilisation d'outils de partage d'information en temps réel entre structures (modèle Soliguide)